Tourisme et changements climatiques
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Tourisme et changements climatiques
L'attractivité d'une destination touristique et le jura n'échappe pas à cette règle, est le résultat de nombreux facteurs. Patrimoine, paysage, agriculture, accessibilité, convivialité et sociabilité, ancienneté et qualité de l'offre touristique dessinent la spécificité de chaque destination. Le climat est, directement ou indirectement, lié à une partie de ces facteurs.
C'est d'abord au soleil et à la pluie que l'on pense, mais au-delà, le climat influe sur l'existence et la qualité des ressources sur lequel le tourisme s'appuie : la présence de neige en hiver en moyenne montagne, les types de production agricoles pour le tourisme de terroir, la quantité d'eau présente dans les cours d'eau pour les activités sportives, les espèces et milieux naturels propices à un tourisme de nature, enfin l'aspect des paysages dans les différentes saisons.
Le changement climatique est susceptible, à terme, de bouleverser la donne du tourisme. Le Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC/IPCC) a évalué la hausse possible des températures d'ici la fin du siècle entre 1,4 et 5,8°C, selon les modèles climatiques et leurs hypothèses socio-économiques.
+2°C revient à faire de la canicule de 2003 un été moyen en 2050
L'intensité mais surtout la rapidité des évolutions climatiques en cours interpellent progressivement les acteurs publics et privés, telle l'Organisation mondiale du tourisme qui a organisé de la 1ère conférence sur le tourisme et le changement climatique, à Djerba, en avril 2003. C'est dans ce contexte que la direction du Tourisme (bureau de la prospective) a souhaité engager une étude exploratoire sur le changement climatique et le développement durable du tourisme.
Des certitudes sur le réchauffement
En France la température moyenne a augmenté de 0,1°C par décennie au cours du siècle dernier avec une accélération pendant les dernières décennies.![]()
Le niveau de stabilisation dépend avant tout de notre capacité à réduire les émissions des gaz à effet de serre et à le faire rapidement. Des surprises climatiques, qui restent des hypothèses de travail, ne sont pas à exclure : la plus dévastatrice pour l'Europe serait sans doute la modification du Gulf Stream mais d'autres phénomènes d'emballement peuvent survenir ( canicule, sècheresse, tempêtes).
Ces modifications auront immanquablement un impact sur l'activité touristique.
Des impacts directs selon les saisons et les régions françaises . En été, les hausses de température pourraient avoir pour conséquences un allongement de la saison et un déplacement des pratiques touristiques vers le nord du pays.
Le climat méditerranéen est incontestablement favorable au tourisme pendant les quatre mois d'été. Il est adapté à un tourisme de masse, sensible à l'ensoleillement. les régions de moyenne montagne bénéficieraient d'un nouveau dynamisme d'une population touristique recherchant des zones plus fraîches.
Enfin, les potentialités touristiques des intersaisons devraient se trouver largement accrues. Ceci pourrait entrer en résonance avec des phénomènes actuels comme le fractionnement des vacances et le développement des courts séjours.
Des impacts sur les ressources
L'eau : Le changement climatique a un impact direct sur les ressources en eau disponibles.![]()
Le tourisme est consommateur d'eau potable, sanitaire, pour l'arrosage des espaces verts des hébergements ou pour ses activités de loisirs (piscines, canons à neige, golfs etc.). Si la part du tourisme dans la consommation d'eau est modeste en comparaison de l'agriculture, la pression du tourisme est plus forte au moment où les ressources en eau sont rares et demandées par l'irrigation. Cette pression s'accentuera avec la raréfaction des ressources en eau, d'autant plus si sous l'effet d'une élévation de la température, la France non méditerranéenne devenait encore plus un pays de villégiature (assez chaud mais pas trop) pour les clientèles européennes du nord, par exemple.
La neige et les sports d'hiverAvec une augmentation de la température moyenne de 2°C :
au dessus de 2500m, l'enneigement est légèrement retardé et la fonte un peu plus rapide (une douzaine de jours d'enneigement en moins) et on voit une petite diminution de l'épaisseur du manteau neigeux.![]()
L'impact devient alors beaucoup plus important au dessous de 1800m.
A 1500m le nombre de journées avec de la neige au sol diminue d'un mois passant de 5 à 4 mois dans les Alpes du nord et de 3 à 2 mois dans les Alpes du Sud et les Pyrénées. A cette altitude, l'épaisseur du manteau neigeux diminue de 40cm dans les Alpes du nord (1m actuellement et de 20cm dans les Alpes du Sud et les Pyrénées (30 à 40cm actuellement). La situation de la montagne française est fortement dépendante de la pratique du ski. Le faible enneigement durant la première partie de la saison d'hiver 2006-2007 a montré la fragilité des stations qui ont misé leur développement sur la mono-activité liée au ski. Si les stations de haute montagne (altitude supérieure à 2000 mètres) ne sauront que faiblement impactées par le déficit de neige lié au réchauffement climatique, la majorité des stations de moyenne montagne (en dessous de 1500 mètres) sera confrontée à de graves problèmes de viabilité économique si elles n'anticipent pas une reconversion de leur activité.
Le développement des procédés d'enneigement de culture peut répondre en partie au manque de neige naturelle. Toutefois, la neige artificielle est de plus en plus contestée car elle capte une grande partie de réserves en eau et l'utilisation de canons à neige nécessite des températures minimales (-3° C) de plus en plus difficiles à atteindre.
Les plages et l'élévation du niveau de la mer
On peut rappeler que la France connaît une lente remontée du niveau de la mer, de 1,2 à 1,5 mm par an, ceci indépendamment de l'effet de serre, lequel devrait plutôt accélérer ce phénomène qui contribue parmi d'autres à l'érosion des côtes. 20% des communes touristiques françaises ont actuellement leurs plages atteintes par l'érosion.
A l'échelle de quelques décennies, deux types d'option se dessinent :
- S'accommoder du phénomène, ce qui implique de ne pas construire trop près de la ligne de côte des installations qui nécessiteront ultérieurement des protections et éventuellement d'abandonner un certain nombre d'installations menacées.
Le combattre. Ce qui implique soit :
- de construire des protections : la France en compte déjà 400km.
- De compenser les volumes de sable emportés ce qui maintient le cadre de vie et n'est pas d'un coût aussi exorbitant que l'on pourrait craindre.
Pour les décennies à venir, la situation de la France métropolitaine n'a donc pas le caractère dramatique que l'on diagnostique pour les destinations touristiques de certains atolls du Pacifique. A plus long terme les perspectives sont moins rassurantes, le changement climatique venant aggraver un phénomène déjà à l'œuvre.
Des risques sanitairesEn matière de risques sanitaires, les implications pour le tourisme sont deux ordres. D'abord, les touristes sont menacés par des risques sanitaires présents sur une zone déterminée. L'élévation de la température peut accroître les zones où sévissent parasites et vecteurs de maladie. Puis, le tourisme peut contribuer à l'extension des maladies exotiques dans les zones tempérées par l'augmentation du nombre de déplacements.
Des risques naturels
Le changement climatique est susceptible de modifier l'éventualité de certains types de catastrophes naturelles, soit par un accroissement du nombre et de la violence d'évènements météorologiques, soit par une évolution des conditions environnementales propices à certains risques : feux de forêt, glissements de terrain,
inondations, submersions marines, etc.
80% des communes touristiques françaises sont dans une zone à risques et ce taux monte à 98% pour les communes de haute montagne. Situées dans des zones vulnérables, elles présentent la caractéristique de concentrer de fortes populations saisonnières et donc d'accroître la potentialité de tragédies humaines dans l'hypothèse où un aléas naturel survenait (tsunami du sud-est asiatique en 2004).
Les risques naturels ont enfin un impact sur l'économie du tourisme en détruisant ou endommageant des infrastructures (inondations, incendies).
Ces prévisions restent toutefois très difficiles à modéliser.
Pour en savoir plus :
Document intégral : Adaptation au changement climatique et développement durable du tourisme
Source: Les rendez-vous de la Stratégie "Adaptation au changement climatique et développement durable du tourisme » - DT/DESPES
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