3000 ans sous nos verres
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Le Musée d'Archéologie du Jura vous invite donc avec sa dernière exposition, « 3 000 ans sous nos verres », à découvrir ou à revisiter l'histoire des vignobles et des vins du Jura des Age des Métaux à l'Epoque moderne en passant par l'Antiquité et le Moyen-Age.
A partir du 19 avril et jusqu'au 29 octobre 2006
Des objets issus des collections régionales ou nationales, des fouilles anciennes et des recherches archéologiques récentes vous invitent :
* à découvrir le travail des dinandiers de l'Age du Bronze et à assister aux banquets des princes de l'Age du Fer ;
* à arpenter les premiers (?) vignobles « jurassiens » et à visiter les chais du gallo-romain Lius ;
* à l'inhumation d'un Franc et au « dressoir » des chevaliers du Moyen Age ;
* à la table des vignerons des villes du XVIIe siècle et au four des verriers de La Vieille-Loye, « inventeurs » du « Clavelin ».
3 000 ans sous nos verres
Avant que ne vienne le temps des synthèses, les pièces jurassiennes réunies ici, souvent inédites, vous guident de vignes des Métaux en vins des Lumières. Vaisselles prestigieuses et petits objets d'un quotidien modeste vous convient donc à une évocation pleine d'interrogations tant l'interprétation des données, anciennes ou récentes, est parfois délicate. Toutefois et sans hésitation, visitez cul-sec !
Les fossiles de vigne présentés nous rappellent que ce végétal existait déjà il y a au moins 60 millions d'années. Notons en outre que cette roche poreuse et insoluble, la dolomite, était encore mise en oeuvre au XIXe siècle pour filtrer le vin. Dans le Jura, la consommation de raisins est attestée dès le Néolithique (6 000-2 000 avant notre ère). Toutefois, cela ne prouve pas que les bols en bois des habitants des villages lacustres de Chalain et de Clairvaux contenaient une quelconque boisson alcoolisée.
Boissons méconnues, vins importés et banquets des princes des
Métaux
Les dinandiers du Bronze final (1 300-800 av. J.-C.) nous ont légué de riches vaisselles, notamment destinées à la préparation et à la consommation de boissons méconnues. Le dépôt enfoui à Evans vers 950 avant J.-C., qui comprend des pièces fabriquées localement et des vases importés d'Europe centrale, en constitue une exceptionnelle illustration. A contrario, modestes sont les « services à boire » qui accompagnent dans l'au-delà les puissants incinérés au milieu du Ixe siècle.
L'Age du Fer (800-50 av. J.-C.) : enfin quelques certitudes ! Les amphores de Marseille découvertes dans le Jura comme le vase et la louche en bronze étrusques de Conliège (Ve siècle av. J.-C.) illustrent en effet ces produits de luxe qu'écoulent dès le Vie siècle des commerçants d'Etrurie et d'Italie. L'archéologie confirme donc les textes des historiens grecs qui évoquent les banquets des princes du Hallstatt final et les boissons populaires (boissons fermentées et bière).
Les gallo-romains, premiers vignerons du « Jura » ?
Les importations de vins se développent au cours de l'Antiquité : de nombreuses amphores italiennes, ibériques et du Sud de la France ainsi que des oenochoés - vases en bronze destinés au service des boissons - ont ainsi été retrouvés dans le département. La société antique, dans le Jura comme ailleurs, accorde donc une place de choix à la vigne et au vin.
La religion (pratiques et objets de cultes) et la tradition iconographique (architecture d'intérieur et décoration d'objets du quotidien) en témoignent également.
Mais actuellement, l'analyse des pollens et l'archéologie fournissent des informations résolument nouvelles. En effet, elles signalent l'existence d'une viticulture locale dès le Ier siècle de notre ère. En outre, la relecture de découvertes effectuées au XIXe siècle confirme l'existence de chais et de tonneliers, tel Lius, que protège un dieu spécifique et régional, Sucellus.
3 000 ans sous nos verres
Vignobles monastiques et vins des chevaliers du Moyen Age
Populations romano-burgondes, chrétiens des villes et moines des « déserts », Francs et Alamans : tels sont les Mérovingiens dans le Jura Et l'archéologie et l'histoire peinent à illustrer l'environnement et le quotidien de cette civilisation complexe.
Certes, quelques dépôts funéraires recèlent des cruches et des tasses en céramiques locales, et quelques sites livrent des gobelets en pierre ollaire, importés d'Italie (Ive-VIIe s.). Certes, la Vie des Pères mentionne la cervoise et le vin, liturgique et alimentaire, que consomment les moines du Haut Jura vers 435 ; la Bible ne recommande-t-elle pas pour boisson « le sang de la grappe qui fermente » ? Mais les activités vitivinicoles, prospères durant l'Antiquité, perdurent-elles alors ? Puis les textes carolingiens et postérieurs relatent la création et la gestion de vastes domaines viticoles monastiques autour des sources salées de Lons-le-Saunier, Salins-les-Bains et Grozon (Ixe-Xve s.). La documentation écrite nomment aussi des cépages : Savagnin et Pinot noir (XIVe s.). L'archéologie, quant à elle, relate le travail de la vigne et redresse la table des seigneurs du Revermont.
Sous l'Ancien Régime, un vignoble à son apogée![]()
Le travail de la vigne et la vinification deviennent des activités courantes et prépondérantes à partir du XVIème siècle. Maisons vigneronnes et caveaux seigneuriaux, représentations des saints protecteurs (Vincent et Vernier) et autres dalles funéraires de vignerons : aujourd'hui encore, le patrimoine d'Ancien Régime dit toute la place de la vitiviniculture dans les anciens bailliages de Dole et d'Aval.
Plus modestement, l'archéologie en souligne d'autre facettes : la création de la verrerie de La Vieille-Loye et le volume de ses productions (1674-1809), dont la bouteille « anglaise » qui préfigurerait le « Clavelin » ; et les verres à pied qu'achètent les petites gens du quartier de La Comédie à Lons-le-Saunier (XVIe-XVIIe s.).
Conclusion
Cette présentation s'achève par une évocation du XIXème siècle, partagé entre ombres et lumières.
Ainsi, « le vigneron du Jura taillant un échalas » de Max Claudet (1862) célèbre une scène populaire et paysanne alors que des terroirs viticoles disparaissent et que les viticulteurs désertent les villes.
Ainsi, les vignerons jurassiens inventent des vins nouveaux (Vin jaune, mousseux champagnisé) alors que le brasseur Bück propose une boisson quasi inconnue : la bière.
Une visite à ne pas manquer cet été !
Contact
Musée d'Archéologie du Jura
25 rue Richebourg
39000 LONS-LE-SAUNIER
tél. : 03 84 47 88 45
fax : 03 84 47 85 45
musee.archeologie@ville-lons-le-saunier
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