Le Jura, berceau de talents
"Montagnes que voilait le brouillard de l'automne, vallons que tapissait le givre du matin" ont inspiré à Lamartine ses plus beaux vers. Bien d'autres hommes de lettres ou de science, explorateurs, militaires ou politiques ou encore hommes de cinéma ou de télévision, sont issus des montagnes jurassiennes et ont enrichi l'histoire de leurs idées et de leurs exploits.
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Hommes de lettres
Lamartine, né à Mâcon en 1790, avait des origines jurassiennes par sa grand-mère, Eugénie Dronier, de Saint-Claude, qui épousa Louis-François de Lamartine. Il visita d'ailleurs de nombreuses fois la région, Saint-Claude, Morez et le domaine de Maisod venant chercher « le calme et le repos dans le domaine de l'amitié ». Il vécut tout d'abord avec ses parents à Milly, qu'il quitta ensuite pour le collège des Jésuites de Belley. Puis il entra dans les gardes du corps en 1814, quitta l'armée et publia en 1820 ses Premières méditations poétiques. Suivirent Les nouvelles méditations, La mort de Socrate, les Harmonies poétiques et religieuses... Il entra en politique après un voyage en Orient et publia alors La chute d'un ange, Les Girondins... Ses besoins financiers le contraignirent à un labeur sans trêve et il publia de nombreux ouvrages, parmi lesquels Geneviève, Graziella, etc., ainsi que des mémoires inédits dans lesquels il écrivit aimer la Franche-Comté « comme le chêne aime son sol ».![]()
Né à Joigny, dans l'Yonne, Marcel Aymé (1902-1967) fut élevé par ses grands-parents à Villers-Robert dans le Jura. Il s'inspira de cet univers rural jurassien pour écrire notamment La jument verte et La vouivre. Pensionnaire au collège de Dole, puis au lycée de Besançon, il fut ensuite employé de banque, agent d'assurance et journaliste avant de publier, à 24 ans, son premier roman, Brûlebois. Paraissent ensuite plusieurs romans et recueils de nouvelles (Aller-retour, La jument verte, Le moulin de la sourdine, Le chemin des écoliers, Le passe-muraille...). Marcel Aymé écrivit également pour le théâtre (Lucienne et le boucher, La tête des autres...), ainsi que pour le cinéma (Nous les gosses, Le voyageur de la Toussaint, d'après Simenon)
Bernard Clavel est né à Lons-le-Saunier en 1923. Il quitte l'école à 14 ans
pour commencer un apprentissage chez un pâtissier à Dole, qu'il trouva violent et injuste. Effectuant plusieurs métiers, il resta avant tout attiré par la peinture et l'écriture. Il publia, en 1956, L'ouvrier de la nuit et reçut les encouragements d'auteurs consacrés tels qu'Hervé Bazin et Marcel Aymé. Bernard Clavel a reçu à ce jour plus de 20 prix littéraires et fut élu à l'Académie Goncourt en 1971 dont il démissionna en 1977 pour se consacrer à l'écriture. Éternel voyageur, il reste cependant très attaché à sa région natale et offre de magnifiques romans du terroir. Il a publié 94 ouvrages (romans, nouvelles, œuvres jeunesse), parmi lesquels Les fruits de l'hiver, La grande patience, Le soleil des morts. Certains ont été adaptés pour la télévision, tels que L'espagnol, La maison des autres, Malataverne...
Romancier, scénariste et historien, André Besson est né à Dole en 1927.
Auteur d'une cinquantaine de monographies historiques et de romans, dont La louve du val d'amour, Le village englouti, Marguerite d'Autriche... , il a adapté plusieurs de ses ouvrages pour la télévision française et étrangère (Le village englouti...) et a reçu plusieurs prix littéraires .
Profondément attaché à sa ville natale, il fait revivre à travers ses ouvrages les grandes étapes de l'histoire de la Franche-Comté (Les maquis de Franche-Comté, Mon pays comtois...)
La famille Dalloz, de Septmoncel, était composée d'hommes de lois, tels que Victor-Alexis-Désiré (1795-1869), avocat, qui fonda avec son frère Armand (1797-1867), également avocat, la maison d'éditions Dalloz, et publia Les petits codes Dalloz dont le code civil est le plus connu. Tous deux fils de Victor-Alexis-Désiré Dalloz, Victor-Edouard (1826-1886) fut député du Jura et publia des ouvrages de jurisprudence et Paul fut journaliste, propriétaire du Moniteur Universel, organe officiel du gouvernement.
Hommes de sciences
Né à Brive, paroisse de Saint-Romain, en 1751, Antide Janvier (1789-1835)
se vit enseigner l'horlogerie par son père, puis par l'abbé Tournier de Saint-Claude. D'une intelligence précoce, il conçut, à l'âge de 15 ans, une sphère astronomique qu'il présenta à l'Académie des sciences de Besançon. Il devint apprenti horloger et fut engagé par la municipalité de Besançon pour la réfection de l'horloge de table du cardinal de Granvelle. Suite à l'élaboration de ses planétaires, il s'installa à Versailles à la demande de Louis XVI, puis au Louvre comme horloger du roi. Après la Révolution, Antide Janvier revint quelques temps dans le Jura puis retourna à Paris, pour y décéder à 84 ans dans la misère.
Louis Pasteur est né à Dole en 1822. Présentant des aptitudes pour la
peinture, il était cependant plus attiré par les sciences auxquelles il souhaita se consacrer en intégrant l'École normale supérieure de Paris. Il supporta cependant mal la vie parisienne et revint au collège royal de Franche-Comté à Besançon avant de retourner à Paris. Après avoir soutenu deux thèses en physique et chimie, il fut professeur à Dijon, puis à Strasbourg et enfin à Lille. Il fut élu à l'Académie des sciences en 1862. Si ses recherches sur la rage l'ont rendu populaire, il est également connu pour sa lutte contre les partisans de la génération spontanée, pour ses études sur la fermentation du vin et les levures, pour ses travaux sur la chiralité des molécules ou encore pour le vaccin contre la maladie du charbon.
Explorateurs
Ressentant dès son plus jeune âge une vocation pour l'exploration des pôles, Paul-Émile Victor, né en 1907 à Genève, grandit à Saint-Claude et poursuivit ses études à l'École centrale de Lyon puis à l'École nationale de la marine
marchande. Diplômé de l'Institut d'Ethnologie de Paris et de l'École Navale de Marseille, attaché au musée d'Ethnographie du Trocadéro, il partit avec le commandant Charcot, en 1934, pour sa première expédition polaire sur la côte est du Groenland. Il en traversa le désert de glace en traîneaux à chiens puis s'installa au sein d'une famille d'inuits. Installé en 1941 aux États-Unis, il s'engagea dans l'US Air Force, puis il créa les Expéditions Polaires Françaises, organisant des expéditions au Groenland et en Terre Adélie. Sensibilisé à la défense de l'homme et de son environnement, il mit en place diverses activités avec Alain Bombard, Jean-Yves Cousteau et Haroun Tazieff. Il s'éteignit en 1995 sur une île déserte de la Polynésie Française où il était installé avec sa famille.
Militaires
Compositeur du Chant de guerre pour l'armée du Rhin, baptisé La Marseillaise,
Claude Joseph Rouget de Lisle (1760-1836) est né à Lons-le-Saunier en 1760. Il y passa son enfance et fit ses études au collège de Lons puis à l'école du génie civil où il obtint le grade d'aspirant lieutenant en second au corps royal du génie. Il composa son chant de guerre lors de la déclaration de guerre au Roi de Bohème et de Hongrie puis s'engagea dans l'armée des Ardennes.
Sa carrière militaire se termina en 1796, et il débuta une carrière littéraire, mais s'éteignit sans fortune en 1836 à Choisy-le-Roi Toile représentant rouget de L'Isle
Héros de l'indépendance franc-comtoise, Claude Prost, dit Lacuzon (« Le souci ») est né en 1607 à Longchaumois, dans un Jura alors espagnol. Lors de l'invasion de la Franche-Comté par les français en 1636, il constitua une force militaire pour lutter contre les armées suédoises, alliées des français. A la fin de la guerre de trente ans, il cessa ses activités militaires. Refusant d'accepter l'entrée de Louis XIV en Franche-Comté en 1668, Lacuzon partit dans le Milanais, possession espagnole, et mourut à Milan en 1681.
Hommes politiques
Jules Grévy est né en 1807 à Mont-sous-Vaudrey. Il fit ses études au collège de Dole, puis à Paris et devint avocat. En 1848, commença sa carrière politique avec sa nomination en tant que commissaire de la République dans le Jura, puis député du Jura. En 1879, il devint président de la République, suite à la démission de Mac-Mahon. Il mourut à Mont-sous-Vaudrey en1891.
Jurassien d'adoption et défendeur de la Franche-Comté, Edgar Faure est né
en 1908 à Béziers. Plus jeune avocat de France, il fut élu député du Jura de 1946 à 1958, maire de Port-Lesney en 1947 et président du conseil général en 1949. Il devint secrétaire d'état en 1949, ministre du budget en 1950, président du conseil et ministre des finances, introduisant la taxe sur la valeur ajoutée. De nouveau à la présidence du conseil, il participa à la préparation de l'indépendance de la Tunisie et relança le processus au Maroc. Sénateur du Jura de 1959 à 1966, il devint ministre de l'éducation nationale après les évènements de 1968, puis ministre des affaires sociales en 1972, obtenant la généralisation de la retraite complémentaire et enfin, occupa la présidence de l'Assemblée nationale. Il écrivit quelques ouvrages sous le pseudonyme d'Edgar Sanday (« Edgar sans d ») et mourut en 1988.
Hommes de cinéma et de télévision
Jean-François Stévenin, acteur et réalisateur français, est né à Lons-le-Saunier en 1944. Après des études à HEC, il débuta dans le cinéma comme technicien, avant de passer de l'autre côté de l'objectif avec Truffaut, dans « L'argent de poche » ou encore « Barocco » d'André Téchiné. Il devint réalisateur en 1978 avec « Le passe-montagne » dans lequel il joua le premier rôle.
Jean Amadou, journaliste et chansonnier, est également né à Lons-le-Saunier, en 1929. Créateur du « Bébête Show » avec Stéphane Collaro et Jean Roucas, il fut aussi chroniqueur à Europe1 où il est alors apprécié pour ses analyses politiques et billets d'humeur. Également écrivain, il a publié une douzaine de livres (Les pensées, Et puis encore... Que sais-je...) pour lesquels il a reçu plusieurs récompenses dont le Prix Richelieu..
Ténacité, esprit d'indépendance et faculté d'adaptation ont, de tout temps, caractérisé les jurassiens. Quoi de plus naturel donc de trouver parmi eux des personnages qui marquèrent leur époque d'œuvres littéraires ou cinématographiques, d'inventions ou de découvertes sans doute inspirées de cette « nature qui ne se perd pas » (Marcel Aymé, La vouivre).
Sélection de sites Internet :
- France-pittoresque.com : Personnages du Jura
- Monjura.actifforum.com : Le Jura, terre de naissance d'hommes célèbres
- Juramusees.fr : Circuits touristiques, les hommes célèbres
- Franche-comte.org : Histoire et hommes célèbres
Hommes de lettres
- Cancoillotte.net : Alphonse-Marie-Louis de Pratz de Lamartine
- Lamartine.com
- Septmoncel.fr : Désiré DalloZ
- Wikipedia.org : Marcel Aymé
- www.marcelayme.net
- Bernard-clavel.com
- Lisons.info : Bernard Clavel
- Crlfranchecomte.free.fr : André Besson
Hommes de sciences
- Horloge.edifice.free.fr : Antide Janvier
- Culture.hautehorlogerie.org : Antide Janvier
- Pasteur.fr : Louis Pasteur et l'institut Pasteur
- Jedecouvrelafrance.com : Maison de Louis Pasteur à Dole
Explorateurs
Militaires
- Mes-annees-50.com : Capitaine Lacuzon
- Racinescomtoises.net : Lacuzon
- De-cujus.com : Rouget de Lisle
- Ville-lons-le-saunier.fr : Rouget de Lisle et la marseillaise
Hommes politiques
- Edgarfaure.fr : Association Edgar Faure
- Wikipedia.org : Edgar Faure
- Valdamour.com : Jules Grévy
- Elysee.fr : Jules Grévy
Hommes de cinéma et de télévision
Rédaction et cyberdocumentation pour le compte de Juracom :
Lydie Jaillon - Le Téléburo
www.leteleburo.com
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